Alba, la seule orang-outan albinos connue au monde, va pouvoir retourner à l’état sauvage. L’animal âgé de 7 ans sera relâché cette semaine dans le parc national Bukit Baka Bukit Raya au coeur de la jungle de Kalimantan, sur la partie indonésienne de l’île Borneo, ont indiqué mardi le gouvernement à Jakarta et l’organisation de protection des animaux Borneo Orangutan Survival (BOS).
L’animal extrêmement rare à la fourrure blanche et aux yeux bleus a été découvert en avril 2017 dans un village reculé de Borneo, négligé et enfermé dans une petite cage en bois. Alba a été transféré dans un centre pour espèces en voie de disparition de l’organisation BOS qui a pris soin d’elle. L’orang-outan y séjournait toutefois aussi derrière les barreaux mais a été totalement remise sur pied.
Aujourd’hui, on estime le nombre d’orangs-outans dans le monde entre 70.000 et 100.000 individus. Les singes à fourrure habituellement orange sont considérés comme en voie de disparition, voire menacés d’extinction. Aujourd’hui, on estime le nombre d’orangs-outans dans le monde entre 70.000 et 100.000 individus. Les singes à fourrure habituellement orange sont considérés comme en voie de disparition, voire menacés d’extinction.
Pétition pour donner un refuge à Alba, un orang-outan albinos !
Alba, un orang-outan albinos de Bornéo a besoin de votre aide ! Ensemble, nous pouvons lui offrir un refuge adapté à ses besoins sans lequel elle serait exposée à une mort certaine.
C’est la Fondation pour la survie des orangs-outans de Bornéo qui avait trouvé Alba, enfermée dans une cage depuis des mois. Elle était déshydratée, souffrait d’une infection parasitaire et était très amaigrie. Ses jours étaient en danger et, malgré les soins constants de vétérinaires, elle n’est toujours pas sortie d’affaire. En effet, l’albinisme d’Alba fait qu’elle nécessite des soins particuliers.
Elle ne peut pas vivre en sécurité et en bonne santé dans la nature, l’albinisme lui causant non seulement des troubles de la vision et de l’audition, mais aussi un risque de développer un cancer de la peau. L’ONG qui l’a recueillie a expliqué qu’ils ne pouvaient pas la relâcher dans un environnement naturel et qu’Alba avait besoin d’un refuge. L’association s’engage à acheter une parcelle de forêt afin d’y construire une réserve spécialement conçue pour cet orang-outan albinos.

Malheureusement, tout cela a un coût ! Ce ne sont pas moins
de 80 000 $ dont a besoin l’association pour mettre Alba en sécurité.
Ce projet est mené par la Borneo Orangutan Survival Foundation (BOSF) qui a fait un appel aux dons afin de financer une parcelle de forêt pour créer un environnement à Alba. Dans cette réserve, Alba sera accompagnée par trois autres orangs-outans avec qui elle s’est liée d’amitié après une opération de sauvetage.
Crédit photo :© Borneo Orangutan Survival Foundation/Facebook
+ d’infos sur l’Orang-outan

Pongo, ou l’Orang-outan, est un genre de primates appartenant à la famille des hominidés. Son aire de répartition, en voie de rétrécissement, se trouve en Insulinde, plus précisément dans les îles de Bornéo et Sumatra.
Le nom « orang-outan » vient du malais orang hutan, qui signifie littéralement « homme de la forêt » (ou « homme des bois »)1. Le pluriel du mot a longtemps été sujet à discussion, mais la forme actuellement acceptée comprend deux « s », ce qui respecte au mieux l’étymologie, les orangs-outans ou orangs-outangs.
La taille moyenne des orangs-outans est de 1,10 à 1,4 m pour 40 à 80 kg. Ils peuvent vivre de 30 à 40 ans dans la nature. Nénette, une femelle née en 1969 à Bornéo et hébergée à la ménagerie du Jardin des plantes de Paris, a atteint près de 50 ans en captivité.
La gestation dure 245 jours. Les jeunes orangs-outans voyagent accrochés au dos ou au ventre de leur mère pendant plus de deux ans. Les naissances sont espacées, avec un intervalle d’environ huit ans en moyenne.
Les orangs-outans sont parmi les plus arboricoles des grands singes. Ils passent la majeure partie de leur temps dans les arbres, à la recherche de nourriture. L’animal se nourrit la plupart du temps de fruits, de jeunes pousses, d’écorce, de petits vertébrés, d’œufs d’oiseaux et d’insectes. Voilà pourquoi Anne Russon (en), qui étudie l’intelligence des grands singes à l’université York, s’est étonnée d’observer une nouvelle activité des orangs-outans vivant autrefois en captivité et relâchés à Bornéo : la pêche. Chaque nuit, ils fabriquent un nouveau nid perché entre 12 et 18 mètres au-dessus du sol.
Comme les autres grands singes, les orangs-outans sont remarquablement intelligents. Au milieu des années 1990, une population d’orangs-outans a été observée utilisant régulièrement des outils pour s’alimenter. Cela avait déjà été montré auparavant chez des chimpanzés par Jane Goodall dans les années 1960.
Un article paru dans Science en 2003 apporte des preuves de l’existence d’une culture propre aux orangs-outans.
Plus récemment, une expérience conduite par des chercheurs allemands de l’Institut Max-Planck d’anthropologie évolutionniste de Leipzig a permis de mettre en évidence les capacités intellectuelles des orangs-outans. Des chercheurs ont présenté à 5 orangs-outans femelles de 7, 11, 17 et 32 ans, venant d’un zoo local, une grosse cacahuète flottante sur de l’eau, dans une longue éprouvette verticale transparente fixée à une paroi. Le niveau d’eau était trop bas pour que les singes puissent attraper la cacahuète avec les doigts. Un récipient d’eau était mis à leur disposition dans la pièce. Les orangs-outans ont rapidement compris qu’en prenant de l’eau dans leur bouche pour la recracher dans l’éprouvette, ils feraient monter le niveau de l’eau et pourraient attraper la cacahuète et la manger. Il a fallu 9 minutes en moyenne pour qu’ils le fassent ; à la dixième expérience, 30 secondes leur suffisaient pour attraper et manger la friandise. Aucune autre méthode ne permettait de récupérer et manger la cacahuète.
Plus que les expériences en zoo ou en laboratoire, Christophe Boesch suggère de s’intéresser à la vie des primates dans leur milieu d’origine. Dans le cas des orangs-outans, la culture outillée a été détaillée par Carel van Schaik et al. Mais une culture animale comprend également des traits comportementaux partagés, une communication efficiente, des conditions de transmission. Les travaux sur l’intelligence et la culture ne se posent plus de façon anthropocentrique comme dans le cas du langage chez Chantek, mais sur la possibilité de conserver des cultures non-humaines dans les centres de réintroduction et les parcs zoologiques.


