Crise de la pollution de l’air en Afrique

Cela n’est pas un secret que la plupart des villes Africaines présente un scandale environnemental ahurissant. Embouteillages, essence mal raffinée, véhicules et usines crachant des fumées noires telle est la réalité des villes africaines. De Dandora banlieue de nairobi (Kenya) aux rues d’Adjamé (Côte d’ivoire) en passant par Agbogbloshie (Ghana) nous constatons avec amertume que l’urbanisation du continent entraîne une explosion des maladies respiratoires et des décès prématurés liés à la pollution de l’air.

Sources de pollution multiples et conséquences

Dans les métropoles occidentales, la principale source de pollution reste le trafic automobile qui intervient dans la moitié des morts attribuables à l’air pollué. Dans les villes africaines, cette source est exacerbée par le fait que les pots catalytiques sont absents des véhicules, que les modèles sont plus anciens et les carburants de moins bonne qualité. A cela s’ajoute l’insuffisance des infrastructures routières pour écouler le trafic, d’où d’énormes bouchons.
Ces émissions se combinent avec celles des usines peu équipées en système de lavage de fumées, des millions de générateurs au diesel qui pallient les insuffisances de la distribution électrique et la combustion des déchets entassés dans des décharges à ciel ouvert.

A cette pollution atmosphérique, s’ajoute la pollution domestique: cuisine au charbon, poêles à combustible inefficaces… Les composés toxiques tels que le dioxyde de soufre, le benzène et le monoxyde de carbone risquent de devenirs des problèmes majeurs dans les villes africaines, malgré le faible nombre d’études sur la question à ce jour.

Les chiffres que nous révèle une étude de l’OCDE(Organisation de coopération et de développement économiques) sont:

  • En 1990: décès prématurés de 577.380 africains en raison de la pollution par les particules fines.
  • En 2013: décès prématurés de 712.482 africains.

Cette étude de l’OCDE dévoile un phénomène de décès prématuré en raison de la pollution par les particules fines. Le continent africain n’avait jamais mesuré les effets de la pollution atmosphérique sur la population, contrairement à l’Asie où la dégradation massive de l’air est en revanche désormais bien documentée.

Pour l’OCDE , l’accélération de l’urbanisation ne devrait pas arranger les choses. L’Afrique devrait, en effet, passer de 1,2 milliard d’habitants actuellement, à 2,5 milliards en 2050, dont 60% de la population se situe dans les villes.
Au total, l’OCDE estime que la pollution de l’air coûte tous les ans 200 milliards d’euros aux pays africains. Ces rejets massifs de suies et de carbone ont également un effet puissant sur le réchauffement climatique.

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