25 Juillet 2020, un naufrage du vraquier Wakashio transportant 200 tonnes de diesel et 3 800 tonnes de fuel a eu lieu aux abords de l’île Maurice. Une marée noire à l’île Maurice, véritable catastrophe écologique qui vient de provoquer un élan de solidarité.De l’île Maurice à la Réunion, des personnes se pressent chez des coiffeurs afin de donner de leurs cheveux.
Excellents filtres naturels, les cheveux ont souvent été utilisés pour confectionner des barrages, comme en 2010 lors d’une marée noire dans le golfe du Mexique. Les cheveux retiennent les substances grasses. Ils sont triés et rassemblés dans des boudins. Une fois dans l’eau, ils captent les hydrocarbures.
Fabrice Daout, réunionnais du salon Oz Coiffure à Saint-Denis, a décidé de stocker les cheveux de ses clients pour les envoyer à l’île Maurice. « J’ai vu que les cheveux avaient cette propriété d’absorber les hydrocarbures, donc l’idée est venue de les récolter », explique-t-il. Il a lancé cette opération sur les réseaux sociaux.
D’autres Réunionnais ont suivi l’initiative de Fabrice Daout, à l’image d’Auriana Annonay qui a appelé les internautes à donner leurs cheveux sur sa page Facebook Solidarité 974. Le groupe Facebook Solidarité 974 wakashio Oil Spill a également été créé pour faciliter la mise en œuvre de cet élan de solidarité envers l’île Sœur.
À Maurice, des volontaires des associations Eco-Sud et Rézistans ek Alternativ travaillent également aux côtés des autorités pour aider à l’installation de barrières flottantes antipollution faites de paille de cannes. « Nous sommes en train de récolter les cheveux de tous les Mauriciens, des plumes de poules et de pintades […] car les poils retiennent l’huile », a expliqué Sébastien Sauvage, porte-parole de l’ONG Eco-Sud au Parisien. « J’imagine que dans quelques jours tous les Mauriciens seront chauves. »
Des dommages colossaux
Le Wakashio s’est échoué dans une zone humide classifiée Ramsar, label international qui reconnaît l’intérêt patrimonial mondial de certaines zones humides. Ainsi, le parc marin de Blue Bay, à proximité, est lui aussi menacé.
Afin d’éviter un désastre environnemental, la France a décidé de fournir à l’île Maurice des équipes et du matériel envoyés depuis La Réunion. Selon le ministre mauricien de la Pêche, Sudheer Maudhoo, toutes les tentatives pour stabiliser le navire ont échoué en raison des mauvaises conditions en mer.
Les efforts pour pomper les hydrocarbures se sont également jusqu’ici révélés infructueux. Les écologistes craignent ainsi que le bateau ne se brise, causant une fuite encore plus importante d’hydrocarbures et des dommages colossaux en mer ainsi que sur le littoral.


