A croire que l’on pouvait « sauver la planète » en fermant le robinet pendant qu’on se lavait les dents, la crise environnementale s’est aggravée portée par la démocratisation de la société de consommation partout dans le monde. Et pourtant, certains gestes éco-citoyen ont une véritable portée, mais sont-ils suffisamment puissants pour inverser la basculement dramatique en cours ?
Il y a quelques dizaines d’années, face à l’urgence écologique naissante, les gestes écologiques au quotidien étaient régulièrement mis en avant : éteindre les lumières inutiles, installer des mitigeurs aux robinets, triers ses déchets, laisser sa voiture au garage… Une pléthore de gestes, plus ou moins efficaces, que nous détaillons dans notre dossier dédié.
Ainsi certains gestes très peu engageants ont été montés en épingle et brandis comme une solution au désastre à venir. Une manière élégante, douce mais aussi pernicieuse de faire croire que le citoyen peut tout changer sans que les intérêts économiques des politiques et les entreprises en soient affectés.
Mais le scénario du « business as usual » perdure et avec lui les déclarations toujours aussi évasives et hypocrites des décideurs qui affirment avec aplomb depuis au moins 40 ans que tout doit changer sans que rien ne change.
Le monde scientifique et la société civile ne sont toujours pas écoutés, malgré des mobilisations de plus en plus massives et percutantes. Résultat : la situation environnementale s’est nettement dégradée en quelques années et la plupart des indicateurs environnementaux sont plus qu’alarmants.
Les geste éco-citoyen le plus fort : devenir végétarien
« Parmi les actions individuelles à plus fort impact, le passage d’un régime carné à un régime végétarien représente à lui seul une baisse d’environ 10% de l’empreinte carbone totale d’un individu » souligne le rapport de Carbone 4 qui ajoute : « Il permet de limiter les émissions issues de l’élevage (émissions de méthane par les ruminants) et de la déforestation (déstockage du carbone sous l’effet du changement d’affectation des sols). Il représente à lui seul (…) 46 % du total de la baisse maximale induite par les changements de comportements étudiés. Viennent ensuite les actions liées à la mobilité (covoiturage, suppression des trajets en avion, modes de transport doux), à la consommation de biens et services (achat de vêtements, d’électroménager et d’appareils high-tech d’occasion, zéro déchet) puis au logement (thermostat, éclairage LED) ».

Carbone 4 – Licence : DR
Devenir végétarien et même végétalien est un engagement à la portée de tous et qui a également de nombreux bénéfices pour la santé, mais aussi pour l’environnement : moins de déforestation et donc plus de biodiversité, moins de pollutions des écosystèmes, moins de maltraitance animale, moins de gaspillage alimentaire et des ressources…
Le rapport de Carbone 4 montre que si un Français réalise tous les gestes écologiques du quotidien il pourrait diminuer ses émissions carbone de 25 %, ce qui est significatif bien qu’encore insuffisant face à la diminution espérée de 80 %. Plus raisonnablement, on peut s’attendre à une baisse de 5 à 10 % de l’empreinte carbone moyenne.
Par conséquent, le rapport conclut, comme tant d’autres alertes et études scientifiques, qu’il faut réorienter drastiquement les investissements de l’Etat et des entreprise qui doivent prendre des mesures radicales et massives : « Il est donc vain, et même dangereusement contre-productif, de prétendre résoudre question climatique en faisant reposer l’exclusivité de l’action sur les seuls individus. Le problème est systémique ».
C’est l’action collective qui sera le le moteur prépondérant du changement indispensable. Toutefois, encore trop peu de personnes sont prêtes à initier ce changement de société, comme en témoignent régulièrement les résultats des élections et l’opposition encore forte au changement.
Source :Christophe Magdelaine / notre-planete.info


