D’abord, pas d’amalgame
Avant tout propos, nous voulons apporter des précisions sur certaines expressions. Ces termes sont: le réchauffement climatique , le réchauffement planétaire, le réchauffement global, le changement climatique et le dérèglement climatique .
- Le réchauffement climatique = Le réchauffement planétaire =Le réchauffement global, qui désigne un phénomène d’augmentation de la température moyenne sur la planète Terre.
- Le changement climatique = Le dérèglement climatique qui est une conséquence du réchauffement climatique, et est défini comme une variation statistiquement significative de l’état moyen du climat ou de sa variabilité persistant pendant de longues périodes (généralement, pendant des décennies ou plus).
I – CONCEPT DE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE?
Le réchauffement climatique est un phénomène global qui occasionne la transformation du climat. En fait, il désigne la modification climatique de la Terre caractérisée par une augmentation de la température moyenne des océans et de l’atmosphère. Cette augmentation s’est observée sur plusieurs années.

L’archipel San Blas au Panama,ménacé par la mer des Antilles depuis 2014. Crédit photo:@Yann-ArthusBertrand
1.1. Qu’est ce que la météo ?
Les informations météo proviennent d’ observations faites par le météorologiste. Nous en avons deux types. Il y a ceux qui sont chargés soit de faire des recherches scientifiques afin d’expliquer les phénomènes liés à la météo.Et d’autres par contre, qu’on qualifie de praticiens de cette science, en ce sens qu’ils appliquent leurs connaissances pour produire des prévisions. Dans notre cas d’étude, nous ne parlerons que du météorologiste prévisionniste.
Ce dernier, dans l’exercice de son activité, utilisera des matériels tels que les stations météo au sol (température, précipitations, pression au sol), des ballons sondes ou des satellites (température et pression en altitude, précipitations sur de larges zones, notamment l’océan, etc) pour produire des prévisions.
Un ballon-sonde est un aérostat utilisé dans les domaines de la météorologie et de l’astronautique. Il s’agit d’un ballon libre non habité, utilisé pour faire des mesures locales dans l’atmosphère grâce à un certain nombre d’instruments mis à bord dans une nacelle appelée radiosonde, ainsi que d’un réflecteur radar ou d’un système de radiolocalisation pour le suivre et donc déterminer la vitesse des vents. Le ballon-sonde a été inventé par Gustave Hermite en 1892
1.2. Qu’est qu’un climat ?
La différence entre les deux concepts réside ici :La météo ou le temps est la
prédiction immédiate de la situation météorologique dans un lieu précis: soleil,
pluie, averses, nuageux, etc, alors que le climat est l'ensemble des conditions
atmosphériques qui caractérisent une région donnée, et qui est déterminé à travers
l'accumulation de données sur des années : climat méditerranéen, climat tropical, etc.
II- PREUVES D’UN RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE PLANÉTAIRE
Pour rappel, le réchauffement climatique est l’augmentation de la température moyenne à la surface de la terre. Les satellites en orbite terrestre et d’autres avancées technologiques ont permis aux scientifiques de voir la situation dans son ensemble, en recueillant de nombreux types d’informations sur notre planète et son climat à l’échelle mondiale. Ce corpus de données, recueillies au cours de nombreuses années, révèle les signes d’un changement climatique.

Les données de température de quatre institutions scientifiques internationales. Crédit photo: climate.nasa.gov
Ci-dessus les données de température de quatre institutions scientifiques internationales. Ce sont les données de l’ Institut Goddard de la NASA pour les études spatiales, du Centre national de données climatiques de la NOAA, du Met Office Hadley Centre / Unité de recherche climatique et de l’Agence météorologique japonaise. Tous montrent un réchauffement rapide au cours des dernières décennies et que la dernière décennie a été la plus chaude jamais enregistrée.
Les preuves d’un dérèglement climatique sont nombreuses et convaincantes.
En voici quelques unes:
Hausse des températures
C’est au travers de l’évolution des températures moyennes que les preuves du changement climatique sont les plus évidentes : la température moyenne mondiale (terre et océans) a augmenté de 0,85 °C entre 1880 et 2012 révèle le GIEC. Chacune des trois dernières décennies a été plus chaude que la précédente et que toutes les autres décennies depuis 1850. La période 1983-2012 a probablement été la plus chaude depuis 1 400 ans notent les experts dans le 5e rapport du GIEC.

En 2015, la canicule au Pakistan.
Ci dessus, la canicule au Pakistan qui a fait plus de 700 morts.Les effets de la canicule (45° C) ont été aggravés par des coupures de courant électrique quotidiennes dans le pays. Cette canicule est intervenue un mois après celle qui a fait près de 2000 morts dans l’Inde voisine, la seconde canicule la plus importante de l’histoire de ce pays.
Amplification d’ évènements météorologiques
En moyenne les précipitations augmenteront à l’échelle planétaire d’ici la fin du XXIe siècle. Les régions humides aujourd’hui deviendront globalement plus humides et les zones sèches deviendront plus sèches. Les experts s’attendent également à ce que le réchauffement climatique rend les événements météorologiques extrêmes plus fréquents et plus intenses voire plus destructeurs , tels que les sécheresses, des pluies diluviennes mais aussi des ouragans et des tornades.
L' Ouragan Irma en 2017
Classé parmi les puissants ouragans de l’histoire, l’ouragan Irma de catégorie 5 a frappé le mercredi 6 septembre 2017 les îles situées du côté de l’océan atlantique (les îles françaises de la Guadeloupe,l’île de Barbuda, Saint-Barthélemy et Saint-Martin). L’ouragan a atteint Porto Rico dans la nuit du 7 au 8 septembre et s’est dirigé après , vers Cuba et la Floride (Etats-Unis). Il a fait beaucoup de dégâts et de victimes (58 morts en Florides).
Hausse du niveau de la mer
Les marégraphes et les données satellites montrent que la hausse du niveau des mers est un phénomène sans équivoque. Sur la période 1901-2010, le niveau de la mer a augmenté de 19 centimètres en moyenne, soit 1,7 mm par an en moyenne. Mais le phénomène s’est accéléré ces dernières années, puisque la hausse était de 3,2 mm par an entre 1993 et 2010. La hausse du niveau des mers est donc presque deux fois plus rapide depuis 20 ans, par rapport au siècle dernier. Les scientifiques prévoient une hausse du niveau des mers, située entre 29 et 82 centimètres d’ici la fin du XXIe siècle. Une personne sur 10 dans le monde habite une zone menacée par la montée des eaux.
La république Maldives, menacée par la mer
Le niveau de la mer a augmenté d’environ 20,32 centimètres au cours du siècle dernier. Cependant, le taux des deux dernières décennies est presque le double de celui du siècle dernier.Ci-dessus la république Maldives, menacée d être engloutie si la mer continue de montée.
La cryosphère (glaces et neiges) fond toujours plus vite
La cryosphère désigne toutes les parties de la surface de la Terre où l’eau est à l’état solide (glace et neige). Sont inclus les banquises, les lacs et rivières gelés, les régions recouvertes de neige, les glaciers, et les sols gelés (de façon temporaire ou permanente). Aujourd’hui son volume global est en diminution constante. La banquise en Arctique est également un indicateur très sensible des changements climatiques. Les données satellites recueillies ces trente dernières années montrent un déclin très rapide de la surface de la banquise : en Arctique, elle a diminué de 12,2 % par décennie depuis le début des observations satellites, en 1979. Les températures dans les régions à pergélisol, c’est-à-dire avec un sol gelé, et qui représente 20 % de la surface de la terre (notamment en Alaska, Canada, Sibérie et Groenland) ont aussi largement augmenté depuis trente ans. Entre les années 1980 et les années 2000, on a constaté une hausse de 3 °C des températures en Alaska, et de 2 °C au nord de la Russie.
Un ours polaire sur la banquise au Svalbard (Norvège)
Un ours polaire sur la banquise au Svalbard (Norvège).La banquise est une surface de glace qui se forme sur l’eau de la mer, des lacs où des rivières. Donc c’est de l’eau qui gèle peu à peu pour former de la glace et qui forme une immense étendue, blanche évidemment. Cette glace est flottante et bouge sur l’étendue d’eau. La température de l’air et des océans augmentant à cause du dérèglement climatique, l’une des conséquences de ce phénomène est la fonte des glaces : la banquise, habitat de prédilection de l’ours polaire, est de plus en plus fine et de moins en moins étendue. Creditphoto:Getty/Daisy Gilardini
La disparition des lacs
Le lac Oroville en Californie entre 2011 et 2014.
Ci-dessus une photo très parlante du phénomène du réchauffement climatique. Il s’agit du Lac Oroville en Californie, entre 2011 et 2014. L’extrême sécheresse dans l’ouest américain menace l’approvisionnement en eau dans cette région où vivent 40 millions de personnes. Crédit photo:@collectivelyconscious
La presque disparition des mers
La mer Aral en Asie en 1989 (à gauche) et en 2008 (à droite)Creditphoto:@usuncut
Là encore, la réalité est choquante tellement elle est extrême ! Voici une photo de la Mer d’Aral (4ème plus grand lac il y a de cela 50 ans) située en Asie Centrale, en 1989 (à gauche) et en 2008 (à droite). Elle est alimentée par les fleuves Amou-Daria et Syr-Daria. En 1960, Les soviétiques ont décidé de transformer les steppes désertiques en champs de coton et de blé de masse en Ouzbékistan . Ils ont alors détourné une partie des fleuves pour irriguer leurs cultures et ont ainsi privé la mer d’Aral de 20 à 60 km3 d’eau, chaque année. Drainé à l’épuisement pour l’irrigation, le lobe sud a presque disparu à cause des cultures de coton, tributaire de sécheresses de plus en plus sévères et de la montée des températures, le lac n’est plus inondé par les pluies et la fonte des neiges qui ruisselaient autrefois du massif Pamir.
Et au niveau de la Côte d’ivoire
IL y’ a un dérèglement perceptible dans le zonage climatique. Selon le climatologue Dr Diawara Adama , le découpage fait en 1979 par l’ASECNA (Agence pour la sécurité et la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar) montrait que les villes de Bouna et Man étaient dans la zone climatique Centre. Aujourd’hui, l’évolution du climat ivoirien fait que Bouna et Man se retrouvent dans la zone climatique Nord. Et cette zone climatique Nord s’est agrandie vers l’Ouest. Dimbokro et Gagnoa se retrouvent dans la zone climatique Centre, au lieu d’être dans la zone climatique Sud. De façon générale, il y a eu une diminution des hauteurs de pluie tombée sur le territoire ivoirien.
Pour illustrer cette thèse, voici quelques exemples données par le Dr Diawara Adama:
- de la période 1961-1975 à la période 1991-2000, les hauteurs moyennes de pluie sont passées de 622 mm à 443 mm en juin à Abidjan, et de 365 mm à 280 mm en août à Odienné. Outre la chute des hauteurs de pluie, il y a la perturbation du calendrier pluviométrique. Il pleut à des moments où on ne s’y attend pas et on manque de pluie à des moments où on s’attend à en avoir. Cela entraîne un bouleversement dans le calendrier cultural. Les paysans sont donc désorientés. Ils ne savent plus à quel moment semer.
- La baisse du niveau des précipitations est une conséquence de l’effet de serre, c’est-à-dire du réchauffement climatique. Certes la Côte d’Ivoire, à l’image des autres pays africains, émet peu de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Mais les bouleversements climatiques causés par les émissions des pays industrialisés, nous touchent. La forte chaleur notamment à Abidjan, à des périodes où il y a des dizaines d’années, le temps était relativement doux ?
- A la Station géophysique de Lamto, les mesures météorologiques effectuées depuis 1964, indiquent clairement une augmentation continue de la température moyenne journalière. En outre, la disparition de notre massif forestier au profit des cultures de rente, fait que l’évapotranspiration, c’est-à-dire, l’évaporation des sols humides et la transpiration des plantes, diminue. Donc la quantité de vapeur d’eau atmosphérique susceptible de donner naissance aux nuages et ensuite aux pluies, décroît.








